1976 – 2026 : 50 ans du Cicr

Aujourd’hui comme hier, quoi de plus urgent que de lutter pour les libertés.

Si de façon générale, les certitudes sont peu nombreuses – d’autant que les évènements ne se présentent jamais à l’identique – il y a une leçon que notre comité a tirée collectivement et qui lui est chevillée au corps : les préparatifs de guerre, les bruits des bottes, la guerre elle-même, sont les ennemis irréductibles des libertés. La marche à la guerre signifie mécaniquement, dans sa logistique même, faire taire, étouffer, tenter d’écraser toutes celles et ceux qui s’y opposent. C’est pourquoi le meeting international contre la guerre qui s’est tenu à Londres – meeting soutenu par le Cicr et dont les initiatives ont impliqué différents pays et continents – était si important. Il n’y a pas de tâche plus urgente que celle de défendre pied à pied chacune des libertés, chacun de ces droits chèrement conquis.

Fondé il y a cinquante ans, en 1976, le Cicr, dès sa fondation, a estimé indispensable de lier son action contre la répression, en défense des droits syndicaux et politiques, aux efforts déployés par des militants venus d’horizons différents qui refusaient la guerre et défendaient le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. En 1991, à Barcelone, a été constitué l’Entente Internationale des Travailleurs et des Peuples, réunion à laquelle participait notamment le Président du Cicr de l’époque, Maître Yves Dechezelles, l’une des figures historiques de la lutte anticoloniale. Plus que jamais, la situation actuelle nécessite de multiplier les efforts, chacun restant ce qu’il est, avec ses traditions, son histoire, pour rassembler tous ceux qui, sous une forme ou une autre, refusent d’abdiquer face à la montée de la guerre et à l’étouffement des libertés fondamentales qui l’accompagne.

La ligne de combat du Cicr demeure le refus de la raison d’État, quel que soit cet État. De manière ouverte ou déguisée – plus encore lorsque les guerres se préparent ou éclatent – la raison d’État est toujours brandie par les grands de ce monde pour imposer le silence. Bien souvent lorsqu’elle est invoquée, elle s’accompagne d’un arsenal de nouvelles dispositions juridiques ou de tribunaux spéciaux qui ne disent pas toujours leur nom. Parfois, elle n’hésite pas non plus à directement fouler aux pieds les principes les plus élémentaires du droit, sans s’embarrasser de davantage de scrupules.

Contre la répression, pour la défense des libertés individuelles et collectives, le rôle des organisations ouvrières et démocratiques est capital, celui des militants des droits de l’homme extrêmement précieux, celui des avocats liés à ce combat, déterminant. Le Cicr a 50 ans, 50 ans de combats. Aujourd’hui comme hier, quoi de plus urgent que de lutter pour la défense des libertés.

Le bureau du Cicr

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